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S’entraîner avec son cycle menstruel : comment adapter son entraînement ?

Trail femme

Pendant longtemps, je me suis entraînée comme beaucoup de femmes. En suivant des plans d’entraînement à la lettre. En “tenant bon”, coûte que coûte. En mettant de côté la fatigue, les sensations, parfois même la douleur (bonjour les SPM !). Ce n’est qu’à 34 ans que j’ai commencé à comprendre une chose essentielle : je devais arrêter de m’entraîner contre mon cycle menstruel… et apprendre à m’entraîner AVEC lui.

Depuis que j’essaie d’adapter mes séances en fonction des périodes de mon cycle, beaucoup de choses ont changé : moins de fatigue chronique, moins de petites blessures à répétition (tendinites, douleurs diffuses), plus de plaisir, et surtout une pratique du trail et de la randonnée beaucoup plus durable.

Dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi s’entraîner avec son cycle menstruel, et surtout comment l’appliquer concrètement en trail et en randonnée, quand on est une femme active, sportive, avec des objectifs… mais aussi une vie bien remplie. Et voici une fiche pratique à imprimer pour pouvoir l’avoir partout avec toi !

Sommaire

Pourquoi s’entraîner avec son cycle menstruel ?

S’entraîner avec son cycle, ce n’est pas une mode. C’est une approche basée sur la physiologie féminine, longtemps ignorée dans le monde du sport. D’ailleurs, saviez-vous que la plupart des plans d’entraînement qu’on trouve dans le milieu du trail et de la course à pied a été pensé PAR et POUR les hommes ?

Quand on n’est pas sous contraception hormonale, le cycle menstruel entraîne des variations hormonales qui influencent directement :

  • l’énergie
  • la récupération
  • la perception de l’effort
  • le risque de blessure
  • la fatigue nerveuse et musculaire

S’entraîner en tenant compte de son cycle permet de :

  • mieux placer les séances intenses
  • réduire la fatigue chronique
  • limiter les blessures
  • progresser sur le long terme
  • garder du plaisir dans la pratique

Ce n’est pas s’entraîner moins. C’est s’entraîner plus intelligemment.

Comprendre les grandes phases du cycle menstruel

Pour simplifier, on parle souvent d’un cycle de 28 jours, même si cette durée peut varier d’une femme à l’autre (et même d’un cycle à l’autre). On distingue trois grandes phases intéressantes pour l’entraînement sportif.

Le média La Sportive Outdoor a fait un chouette article si tu veux en savoir plus sur le cycle menstruel des femmes, le lien est ICI.

Phase folliculaire (du début des règles jusqu’à l’ovulation)

C’est la phase qui commence avec les règles et qui se termine à l’ovulation. Sur le plan physiologique :

  • les œstrogènes augmentent progressivement
  • l’énergie remonte
  • la récupération est souvent meilleure
  • le corps tolère mieux l’intensité

Pour beaucoup de femmes, c’est une excellente période pour les efforts intensifs. En trail et en randonnée, c’est une phase idéale pour :

  • les séances de qualité
  • le travail en côte
  • le fractionné
  • le renforcement musculaire
  • les séances techniques

C’est souvent dans cette phase que l’on se sent plus dynamique, plus motivée, plus “disponible” physiquement.

Ovulation (vers le milieu du cycle)

Autour de l’ovulation, beaucoup de femmes ressentent :

  • un pic d’énergie
  • une sensation de force
  • une meilleure confiance en soi
  • une bonne efficacité cardio-respiratoire

C’est une période intéressante pour placer :

  • une sortie longue
  • une séance clé
  • une rando-course
  • un week-end choc ou un gros bloc d’entraînement

Mais attention : à cette période, les ligaments peuvent être légèrement plus souples, ce qui peut augmenter le risque de blessure, notamment sur les terrains techniques ou en descente. Mon conseil en montagne : soigner l’échauffement, rester attentive à ses appuis, éviter les prises de risques inutiles.

Phase lutéale (après l’ovulation jusqu’aux règles)

C’est souvent la phase la plus délicate. La progestérone augmente, ce qui peut entraîner :

  • une fatigue plus rapide
  • une récupération plus lente
  • des jambes lourdes
  • une baisse de motivation
  • parfois une sensation de “moins bien”

Ce n’est pas une phase à bannir, mais une phase à adapter. En trail et en randonnée, on peut privilégier :

  • l’endurance fondamentale
  • la randonnée
  • le vélo
  • la marche nordique
  • la natation
  • la mobilité, les étirements, le yoga

On peut maintenir du volume, mais réduire l’intensité. C’est une période où l’écoute de soi est essentielle.

Chaque femme est différente, chaque cycle aussi

C’est un point fondamental. Les phases que je décris sont des repères, pas des règles figées. Certaines femmes se sentent très bien en phase lutéale, d’autres beaucoup moins. Certaines ressentent fortement l’ovulation, d’autres pas du tout. L’objectif n’est pas de rentrer dans une case, mais d’apprendre à :

  • observer ses sensations
  • reconnaître ses signaux de fatigue
  • ajuster son entraînement en conséquence

C’est exactement ce que je n’ai pas fait pendant des années… et que je regrette aujourd’hui.

Comment appliquer ça concrètement en trail et en randonnée

S’entraîner avec son cycle, ce n’est pas refaire tout son plan chaque mois. C’est plutôt :

  • placer les grosses séances au bon moment
  • accepter d’alléger quand le corps le demande
  • arrêter de culpabiliser quand une séance “ne passe pas”

En trail, où le terrain, le dénivelé et l’engagement comptent beaucoup, cette approche est encore plus pertinente. Elle permet de :

  • mieux gérer l’accumulation de fatigue
  • réduire le risque de blessure
  • durer dans le temps
  • conserver le plaisir d’aller en montagne
Trail femme entraînement cycle menstruel Corse

Et si tu veux être accompagnée ?

Si tu as un objectif trail ou randonnée (une première course, un trail long, un objectif 10 km, 1h sans s’arrêter, une remise en forme ou un défi personnel), je propose des coaching trail et randonnée personnalisés, en tenant compte :

  • de ton niveau
  • de ton mode de vie
  • de ton terrain
  • et de ton cycle menstruel

L’objectif n’est pas la performance à tout prix, mais une pratique durable, alignée avec ton corps.

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Savoir lire le ciel en montagne : la compétence oubliée

Lire le ciel pour adapter sa sortie en montagne

Courir ou randonner en montagne procure une sensation de liberté immense. Les vallées s’ouvrent, les crêtes appellent, l’air est plus vif, le paysage plus grand. Mais cette liberté a un revers : en altitude, la météo change extrêmement vite. Un ciel limpide peut basculer en une demi-heure, un vent doux peut devenir violent en quelques minutes, et une formation nuageuse peut annoncer une perturbation plus rapide qu’on ne l’imagine.

Beaucoup de pratiquants s’appuient uniquement sur les applications météo. C’est utile, bien sûr, mais loin d’être suffisant. En montagne, le ciel évolue trois à quatre fois plus vite qu’en plaine. Les phénomènes locaux — brises de vallée, effet de pente, ressauts rocheux, vent thermique — créent des micro-situations que les applications n’anticipent pas toujours. Lire le ciel, en complément, devient alors une véritable compétence de sécurité.

En tant qu’accompagnatrice en montagne, j’ai souvent vu des situations qui auraient pu être évitées si les personnes avaient pris l’habitude d’observer ce que le ciel racontait. Car oui, le ciel parle. Par ses couleurs, ses textures, ses vitesses de déplacement, il donne des indices précieux sur ce qui arrive.

Cet article complet te guide pour apprendre à lire le ciel en montagne, reconnaître les nuages importants, identifier les signaux qui doivent alerter et adopter les bons réflexes. Une compétence qui peut transformer ta façon de pratiquer… tout en t’apportant sécurité et sérénité.

Sommaire

Pourquoi apprendre à lire le ciel en montagne est essentiel

Lire le ciel n’est pas un geste technique réservé aux experts : c’est un outil simple, intuitif, accessible à tous. Et c’est surtout un moyen très efficace d’anticiper les changements de conditions en montagne.

1. Éviter les orages et les averses soudaines

Les orages de montagne sont rapides et localisés. Une crête peut être frappée par la grêle alors que le vallon voisin reste sec. Apprendre à repérer un cumulonimbus au stade précoce, ou un changement de vent suspect, t’offre un temps d’avance déterminant pour redescendre avant le danger.

2. Protéger sa sécurité et celle de son groupe

Une mauvaise lecture du ciel peut entraîner des situations critiques : hypothermie, brouillard soudain, terrain glissant, foudre, perte de visibilité… À l’inverse, une bonne observation t’aide à prendre des décisions sûres : faire demi-tour, raccourcir la boucle, descendre vers un col plus abrité.

3. Mieux gérer l’effort et son matériel

Si tu vois arriver un front nuageux, tu peux :
– ralentir l’allure,
– sortir ta veste imperméable plus tôt,
– prévoir la pause avant la pluie,
– adapter ton hydratation et tes calories.
En montagne, la gestion anticipée de l’effort fait souvent la différence entre une sortie fluide et une sortie pénible.

4. Profiter pleinement de sa sortie

Être capable d’évaluer soi-même la météo rend les sorties plus sereines. Tu n’avances plus “en espérant que ça passe”, mais en sachant, en comprenant, en décidant. Cette autonomie améliore le plaisir, la confiance et la qualité de l’expérience.

Les principaux nuages à connaître pour lire le ciel en montagne

Les nuages sont les premiers messagers d’un changement météo. Certains sont inoffensifs, d’autres annoncent une perturbation imminente. En connaître trois ou quatre permet déjà de prendre de meilleures décisions.

1. Les Cirrus : les signaux d’une perturbation à venir

Les cirrus sont de fins nuages très hauts, en forme de filaments, souvent blancs. Ils indiquent qu’un front est en approche. Ce qu’ils annoncent :

→ Une dégradation météo probable dans les 12 à 24 h. Ils ne représentent aucun danger immédiat, mais ils servent de premier avertissement.

2. Les Altostratus : le voile uniforme qui annonce la pluie

Ce sont des nuages moyens ou hauts, formant un voile blanc ou gris uniforme. Le soleil peut encore transparaître, mais la luminosité devient diffuse. Ce qu’ils annoncent :

→ Une pluie durable, plutôt continue, signe d’un front qui s’installe. Si tu en vois beaucoup se former, mieux vaut anticiper un changement important.

3. Les Cumulus : les nuages d’évolution diurne

Ce sont les “nuages moutons” typiques des journées chaudes. Au début, ils sont inoffensifs. À surveiller : Lorsque les cumulus grossissent très vite, deviennent plus sombres par leur base, et montent en hauteur, cela peut annoncer une évolution vers un cumulonimbus — en particulier en été.

4. Les Cumulonimbus : les nuages dangereux

C’est le nuage à connaître absolument. Le cumulonimbus est massif, sombre, vertical, et sa forme caractéristique en enclume est immanquable. Ce qu’il annonce :

→ orage,
→ foudre,
→ pluie torrentielle,
→ grêle,
→ vents violents.

Conduite à tenir :

→ Descendre immédiatement.
→ Quitter les crêtes et les sommets.
→ S’éloigner des zones exposées.

Les signaux d’alerte que beaucoup ignorent

En montagne, certaines sensations ou observations doivent attirer ton attention. Individuellement, elles ne signifient pas toujours un danger immédiat. Mais dès que tu en observes deux ou plus, il est temps de raccourcir ou stopper ta sortie.

1. Un vent qui change brusquement de direction

Le vent est un indicateur précieux : s’il tourne, s’il se renforce soudain, s’il devient irrégulier, alors une masse d’air différente arrive. C’est souvent le signe d’un orage ou d’un front.

2. Une lumière étrange : jaune, verdâtre ou gris métallique

Ces teintes sont typiques de l’approche d’un cumulonimbus. La lumière se filtre, l’ambiance devient lourde. Ce changement visuel ne trompe pas.

3. Une odeur métallique dans l’air

Peu de gens en parlent, mais beaucoup l’ont déjà ressentie sans savoir l’expliquer. Juste avant un orage, la charge électrique dans l’air peut modifier son odeur. C’est un signal très fiable.

4. Des nuages qui se déplacent très vite

Même si tu ne sens presque pas le vent, les couches supérieures peuvent se déplacer rapidement. Des nuages filant à grande vitesse indiquent de l’instabilité.

Les bons réflexes à adopter avant et pendant la sortie

1. Regarder le ciel avant de partir

Prends une “photo mentale” : couleur générale, directions nuageuses, zones plus sombres, formations suspectes. Tu pourras ensuite comparer cette première observation à ce que tu verras au fil de la sortie.

2. Observer régulièrement derrière soi

C’est l’erreur la plus courante : on regarde devant… mais le danger arrive souvent par derrière. Pense à tourner la tête toutes les 10 à 15 minutes.

3. Avoir systématiquement un plan B

Un itinéraire alternatif, une sortie plus courte, une échappatoire ou un point de descente rapide. Les imprévus météo se gèrent mieux quand un plan B existe déjà.

4. Emporter toujours une veste imperméable

Même l’été. Même si la sortie est courte. Même si la météo annonce “grand soleil”. C’est la base en montagne.

Veste Torrek II Dare2B
Veste Torrek II Dare2B

5. Faire confiance à ses sensations

Ton ressenti global est souvent juste : atmosphère lourde, souffle d’air inhabituel, tension dans l’air… Ton corps capte avant toi les signes subtils. Écoute-les.

Ressource recommandée pour progresser

Pour aller plus loin et développer une vraie culture météo, je recommande cet ouvrage clair et accessible : Petit manuel de météo en montagne. C’est une référence largement utilisée par les pratiquants et les professionnels.

Conclusion : lever les yeux, c’est déjà se protéger

Apprendre à lire le ciel en montagne transforme ta manière de pratiquer. Ce n’est pas compliqué, pas technique, pas réservé aux initiés. C’est une question d’attention, d’habitude et d’intuition. En observant les nuages, en repérant les signes d’alerte, en surveillant le vent et en t’appuyant sur ton ressenti, tu gagnes en autonomie, en sécurité et en plaisir. Tu n’es plus dépendant uniquement des applications : tu deviens acteur de tes décisions.

La montagne ne ment pas : elle prévient. Encore faut-il savoir la lire. Et tout commence par un geste simple : lever les yeux.

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Randonnée printanière sur l’Aubrac

Plateau de l'Aubrac l'hiver à la fonte des neiges

Cette semaine, nous sommes montés sur le plateau de l’Aubrac pour profiter d’une belle journée ensoleillée avec une famille venant découvrir ce très beau site naturel. Petit retour sur cette randonnée entre terre et ciel.

L’Aubrac

L’Aubrac est un haut plateau volcanique et granitique situé au centre du Massif central, aux confins de deux régions (AURA et Occitanie). Il est bordé au nord-ouest par les Monts du Cantal, à l’est par la Margeride et au sud par les plateaux calcaires des Grands Causses.

Le terme « Aubrac » signifie lieu élevé (Alto) et humide, boueux (Braco). Il doit son nom à l’ancienne dômerie d’Aubrac installée à 1350 m d’altitude par un comte d’origine flamande qui a fondé l’Abbaye d’Aubrac en 1120, au voisinage du point le plus haut du plateau, pour protéger les pèlerins qui descendaient le chemin de St Jacques en direction de l’Espagne.

Culminant à 1469 mètres, au signal de Mailhebiau, le massif de l’Aubrac conserve de nombreux témoins d’une activité volcanique passée : présence de coulées de basalte fluide et de matériaux projetés, cônes de scories, orgues ou prismes basaltiques, lacs de lave dégagés par inversion de relief…

La randonnée

C’est à Saint Urcize que nous avons débuté notre périple. Une boucle de 15km entre villages pittoresques, pâturages abandonnés, coulées de basalte et sommet granitique. Tous les éléments étaient réunis pour que nous passions des instants privilégiés dans un cadre unique.

Je tiens à remercier Virginie (Aveyron Randonnée) que j’ai accompagné pour découvrir ces beaux paysages.

Si la randonnée vous intéresse

Vous pouvez consulter la rubrique « Agenda » pour consulter les prochaines sorties, ou me contacter directement si vous souhaitez que je vous organise une randonnée sur mesure.